Pourquoi les régimes amaigrissants échouent ?
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mardi 9 septembre 2008, par DILAP
Pourtant, quand on écoute un tant soit peu son corps, on sent tout de suite ce qu’il réclame ; on sait qu’il préfère marier la sardine grasse non pas au beurre, mais au citron, qu’il préfère marier la pâte à pizza non pas au féculent des frites, mais à la verdure d’une laitue et qu’au dessert, il réclame un fromage blanc frais, un fruit juteux à un « chocolat » saturé de sucres et de graisses.
Quand les femmes sont enceintes, elles semblent retrouver instinctivement cet équilibre et cette variété de goûts dans leurs besoins alimentaires. Mais il n’est pas besoin d’être femme enceinte pour percevoir ces choses-là, tout être humain, pour peu qu’il écoute son corps reçoit ces messages assez clairement.
A moins que, mais à moins que le sens du goût ai été profondément altéré chez beaucoup de personnes dans notre société ! C’est une piste à ne pas négliger. Je remarque que chez les personnes qui composent le genre de menu évoqué plus haut – pizza+ frites + ketchup + soda + crème chocolatée- , le goût est souvent très primaire, infantile. Je m’explique : un goût qui fonctionne de manière binaire entre le sucré, le salé et l’amer. Entre ces trois couleurs primaires (genre RVB) il n’y a pas de nuances. La complexité des saveurs déstabilise ou dégoûte littéralement. Un brocoli est perçu comme amer, donc pas bon, un pain complet déstabilise, par le goût des céréales, la pointe astringente du levain et la rugosité naturelle de la pâte, contrairement à la fadeur sucrée d’une baguette industrielle. Un jambon de ferme, dégage naturellement des notes qui évoquent la ferme, le fumier, bref des notes animales qui semblent insupportables à certains, qui préféreront un jambon poly phosphaté, aseptisé, entre deux tranches de… pain ? Que dis-je, non ! Entre deux tranches de « pain » blanc industriel sucré lui aussi. Amusez-vous à lire la composition de ce genre de « pains » je vous met au défi de trouver le mot, blé, grain, céréales, farine… Non la composition est digne d’un brevet de chimie.
Vous me direz, vous critiquez les habitudes alimentaires de millions de personnes ; mais que proposez vous à la place ? Je réponds fièrement : Rien ! Je n’ai pas de régime à prescrire, ni de produit miracle, la solution durable et sérieuse repose selon moi sur une rééducation profonde du goût. En se ré appropriant les goûts complexes, en réapprenant la complémentarité des saveurs on est amené automatiquement à mieux se nourrir et donc à perdre le poids superflu. Une variable d’ajustement demeure néanmoins – LA QUANTITÉ - : réapprendre à manger en petites quantités des choses diversifiées.
Cet échec est du au fait que les régimes amincissants se basent tous au fond sur le même principe : « la privation ». On se prive de ce que l’on aime et on se force à ingérer ce que l’on n’aime pas, selon l’équation simpliste : ce que j’aime me fait grossir et ce que je déteste me fera forcément maigrir.


