Recette du Couscous en semoule
le secret de maman pour réussir son Couscous
lundi 17 mars 2008, par DILAP
Je vous livre les secrets de ma mère pour réussir une semoule indicible, inimitable et épater vos amis.
Même si le couscous vendu en grandes surfaces n’a rien, mais rien à voir, avec le couscous fabriqué à la main à partir de blé dur et de tant d’efforts et d’un savoir faire séculaire au Maghreb, il est possible de réussir un couscous « honorable » à partir de grains achetés dans le commerce. Evitez les semoules premiers prix, elles sont à base de farines incontrôlables, préférez certaines marques connues, et qui travaillent avec du blé dur. ( je suis contre la promotion des marques, mais sur un plat aussi fragile et difficile à réussir, la matière première compte beaucoup).
Premier principe : choisir absolument une semoule en grains fins, car même celle-ci est déjà trop grosse par rapport aux standards du maghreb.
Il faut prévoir un verre de semoule pour deux personnes, mais pour des personnes qui ont de l’appétit, prévoir un paquet de 500 grammes pour 4 ou 5 personnes.
Avant tout, vous munir de ce qui peut ressembler de près ou de loin à une djefna ( voir notre article sur les secrets du couscous). Une djefna est un récipient évasé, large d’au moins 50 cm et profond de 20 cm. Dans les marchés il s’en vend des djefna imitation bois à un prix modique.
Verser la semoule du paquet dans la djefna.
La première étape est de préparer les grains à recevoir l’eau et la vapeur d’eau sans se coller, sans se transformer en bouillie infâme. L’huile entoure chaque grain et l’imperméabilise en quelque sorte. il s’imbibe d’eau doucement et ne collera pas à son voisin. Car le rendu d’une semoule réussie, ce sont , après cuisson, des grains fins transparents libres et qui « tremblent » dans l’assiette au moindre mouvement.. mais cela c’est le rêve, que peu de débutantes connaissent.
Dans la paume de la main, verser l’équivalent d’une cuillère à soupe d’huile naturelle, non « parfumée », l’idéal restant l’huile d’olive.
Travaillez vos grains entre vos mains d’un geste où vous simulez un frottement doux des deux mains. Touchez tous les grains de semoule ; mélangez, frictionnez et recommencez. Rajouter de l’huile en petite quantités et reprenez le frissonnement. Dans la cuisine traditionnelle maghrébine on ne spécifie pas de temps ni de quantité, aux débutantes perdues on lance : « aynek hya mizanek » ce qui signifie :
Ton œil est ton étalon ! traduction : sens les choses, adapte-toi au contexte, à la matière…
bref en tant qu’occidentale on se sent perdue… un indice cependant :
Rajouter de l’huile et frictionnez jusqu’à ce que la semoule change de couleur, elle devient un peu brune. Pour vous aider on dira que pour 500 grammes de semoule, il faut 3 cuillers à soupe d’huile.
Une fois les grains bien huilés, il faut les assaisonner d’eau. Par petites quantités, en versant l’eau dans le creux de la main.
A cette étape il faut savoir une chose : il y a deux sortes de Couscous :
le murraq est destiné à accompagner les plats en sauce.
Le mesfouf , destiné à accompagner fruits et fruits secs.
Car il faut savoir que le couscous légumes et viandes, se mange pendant les fêtes et surtout en hiver. En été et en automne où la température grimpe, et où les fruits sont abondants, on préfère le couscous aux fruits, inconnu en Europe !
Le Couscous destiné aux sauces et légumes est cuisiné plus ou moins sec afin qu’il puisse absorber la sauce. Le Couscous destiné à être consommé avec des fruits et cuisiné très tendre, aérien, on doit pouvoir l’avaler sans le mâcher !
Donc il faut doser la quantité d’eau en fonction de la destination du couscous : sauce ou fruits…
Rajouter l’eau par petites quantités donc, au creux de la main, en frictionnant les grains, afin d’éviter les grumeaux. Y aller lentement, quand la semoule vous semble trop humide, la laisser reposer 10 minutes. En fin d’étape , il faut que la semoule ait doublé de volume.
Laisser reposer 20 minutes.
Pour ne pas avoir à cuire son couscous dans un couscoussier « traditionnel » acheté à bas prix dans un super marché, il est conseillé d’investir dans un cuit vapeur à deux étages, on en ouve pour 20 euros en grande surface.
Explication :
Les couscoussiers du commerce à bas prix sont mal conçus : une guedra immense dont le volume ne sert à rien et une passoire qui sert à accueillir la semoule dont le volume est réduit.
En outre, les couscoussiers bas prix sont peu étanches au joint entre la guedra et le kaskes, comprenez entre le fait tout du bas et la passoire. Or, le maximum de vapeur doit atteindre les grains, une fuite au niveau du joint rallonge le temps de cuisson, fatal à la bonne tenue des grains. Au maghreb , quand le couscoussier viellit, se déforme et perd de la vapeur on utilise un ruban de tissu appelé « gueffal » pour étanchéifier le raccord guedra - keskes. On mouille le ruban de linge et on le coince tout autour du raccord entre le bas et le haut du couscoussier. Avec un cuit vapeur vous n’aurez pas ce problème. On sait que le couscous a cuit (on dit fawouar) quand les premières vapeurs d’eau s’élèvent au dessu des grains. Un cycle de cuisson se dit" téfwouara", et en fonction de la tenue des grains et de la destination mesfouf tendre ou murraq sec, on peut avoir recours à deux voire trois tefwoura.
Si vous optez pour le cuit vapeur, compter 25 minutes de cuisson pour 500 grammes de semoule. Une fois la semoule cuite, la démouler, dans la djefna elle doit sembler compacte et blanchâtre.
Préparer de l’eau tiède où vous aurez fait fondre du gros sel. Accompagner le décompactage des grosses mottes de semoule par un arrosage léger d’eau salée.
Travailler à la main les grains afin de n’avoir aucun grumeau.
Arroser le tout de 50 grammes de beurre fondu, et retravailler le tout à la main, puis laisser reposer.
Si vous destinez votre semoule en mesfouf, c’est-à-dire à être mangée avec des fruits, la laisser refroidir, éplucher et arranger les fruits dans des récipeint séparés et accompagner de lait ou de petit lait. Les enfants adorent en génral ce plat riche en féculents, vitamines, sucres et produits lactés. Le petit déjeuner en mesfouf est conseillé car sain et léger.
Astuce : si vous accompagnez votre semoule de raisons secs, pensez à les lever à l’eau chaude, puis à les cuire à la vapeur ( 2 ème
étage du cuit vapeur) pendant15 minutes, puis les rincer à l’eau froide afin d’en raviver la couleur et l’aspect.
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Messages de forum
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Un grand merci à la généreuse personne qui partage toutes ces précieuses informations sur la cuisson de la semoule.
Cordialement JAME
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Merci pour votre encouragement. A ce jour, nous avions fermé la possibilité de laisser des commentaires. Mais suite à des courriers, nous avons décidé de la rétablir et de modérer les commentaires à priori. Donc les remarques et suggestions sont les bienvenues, notamment les contributions originales que vous avez vous-même testées.
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9 décembre 2008 14:16, par michila
MERCI POUR TOUS VOS BONS CONSEILS ...JE LE FAIS DEPUIS DES ANNEES MAIS MES AMIES DE PLUS EN PLUS ME PARLENT DE COUSCOUS RECOUVERT D’EAU ET CUIT AU MICRO ONDE ...
VOUS AVEZ CONFIRME MA RECETTE AVEC DES PETITS CONSEILS BIEN UTILES ....MERCI ENCORE ...
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Merci pour votre reconnaissance.
Quel dommage de cuir de la semoule comme une vulgaire bouillie au micro ondes…
Cuir la semoule par ce moyen, c’est la forcer à absorber plus d’eau que les grains ne peuvent en absorber. Et la cuisson se résume à ébouillanter les grains de semoule comme s’il s’agissait de riz…
A la manière traditionnelle, l’huile qui enveloppe les grains, non seulement empêche ceux-ci de coller, mais en outre, l’huile retarde l’absorption d’eau, le grain ne se déforme pas, car il va quintupler de volume lentement et il n’absorbera que ce que sa consistance et son état de sécheresse lui permettent.
Et Pour la cuisson proprement dite, la vapeur d’eau chaude, va simplement élever la température interne de l’eau absorbée et déclencher la cuisson par l’intérieur. Pour s’en convaincre, il suffit d’essayer de cuir à la vapeur des grains de couscous pas assez imbibés d’eau, Eh bien la cuisson ne se fait pas ! les grains restent durs. La cuisson au micro ondes force la cuisson par l’extérieur, et donc le grains n’aura jamais cette légèreté aérienne, car il s’imbibe brusquement d’une eau chaude venue de l’extérieur.
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8 janvier 2009 11:42, par pascal
merci surtout pour le détail de la préparation , voila ce que je cherché pour une bonne semoule merci encore cordialement
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Pour le détail, je vais vous faire un aveu :
Beaucoup de maghrébins de souche loupent leur couscous ! moi je pense l’avoir loupé pendant 10 ans au moins ! C’est quand maman Zohra, paix à son âme (rien à voir avec la fille de de Rachida DATI, cela dit le prénom de maman, Zohra, signifie FLEUR) est venue me voir, qu’elle m’a révélé des choses que jamais je n’aurais soupçonnées...
voilà j’ai tenu à partager avec vous une partie de ces secrets indicibles.
Si vous vous sentez l’âme partageuse, faites-nous profiter de votre tour de main et de vos secrets ( pas tous bien sûr..)
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bonjour,
J’ai une question concernant l’étape ou il faut rajouter l’eau, vous dites :
"Rajouter l’eau par petites quantités donc, au creux de la main, en frictionnant les grains, afin d’éviter les grumeaux. Y aller lentement, quand la semoule vous semble trop humide, la laisser reposer 10 minutes. En fin d’étape , il faut que la semoule ait doublé de volume. Laisser reposer 20 minutes."
Vous n’indiquez pas a quelle temperature doit être cette eau.
Merci et a bientôt.
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L’eau qui sert à humidifier la semoule , la première fois est à TEMPÉRATURE AMBIANTE…
Quand je dis première fois, je veux dire, une fois que les grains secs ont été enduits d’huile d’olive.
Après la première « téfouara » ou cuisson vapeur, il faut rajouter de l’eau bien tiède et salée, car sur la semoule chaude, rajouter de l’eau froide serait catastrophique.
D’ailleurs, dans la cuisine maghrébine, il est toujours conseillé d’user d’eau chaude pour rallonger une sauce ou traiter un aliment en cours de cuisson. Par exemple, il a été constaté que rajouter de l’eau froide sur des pois chiche en cours de cuisson, peut compromettra définitivement leur cuisson : le cœur du pois chiche reste dur même après des heures de cuisson, il ya même un terme inconnu en français pour désigner ce phénomène , on dit « guersel » , ce terme s’applique à tous les légumes secs, qui peuvent refuser de cuir en cas de choc thermique chaud/froid.
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c’est extraordinair tout ce que vous avez mensionez sur cette page
Moi je suis Portugaise mais j’aime beaucoup le couscous je suis contente d’avoire des conseilles pour pouvoire le faire moi meme. Pour la bonne cuisson des legumes secs chez nous on dit q’il faut rajouter de l’eau froide en cour de ciusson ??????
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Bonjour, désolé de cette réponse tardive.
Chez moi on conseille de rallonger la sauce à l’eau chaude. Je pense que ce conseil est dû au fait que les pois-chiches utilisés, sont des pois chiches non industriels, c’est-à-dire des pois chiches durs qui ont trempé dans l’eau froide toute une nuit. Et effectivement, ces pois chiches sont sensibles au choc thermique, à savoir que de l’eau froide en cours de cuisson peut les faire durcir irrémédiablement. ce qui fait rater toute la sauce.Rien de plus horrible et indigeste que des pois chiches mal cuits ! Par contre il est vrai que certaines conseillent de rallonger la sauce à l’eau froide quand il s’agit simplement de légumes, en l’absence de légumes secs. le mieux est d’essayer soi-même pour se faire une opinion.
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24 septembre 2009 15:26, par seyran
"Si je peux me permettre, "aynek hiya misanek" veut dire "tes yeux sont ta balance" référence à la quantité chez "nous", nous nous servons que trés peu d’une balance de cuisine, de parts nos yeux nous savons la quantité de chaques ingrédients à mettrent dans les plats :) cela dit ta recette est trés bien..
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Bonjour,
Merci pour votre remarque.
Oui, le mot mîzân ( du verbe wazana-yazinu) signifie "balance". j’ai préféré le traduire par "étalon" car je trouvais la tournure plus élégante.
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vraiment bravos mais svp plus de détail sur la préparation du semoul et sa tronsformation en grain de couscous .........je fais des recherche sur ce plas é j"é besoin de moindre détail svp
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Merci pour le compliment,
je pense en avoir beaucoup dit sur le sujet, mais si vous avez des questions précises n’hésitez pas, j’essayerai d’y répondre ...
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28 décembre 2009 13:21, par giovanna
merci beaucoup pour cette technique pour cuire la semoule je vais m’empresser de la tester. c’est la seule technique qui me semble-t-il donnera un bon couscous car j’ai consultée de nombreuses recettes mais qui était soit trop peu détaillées soit faites sans couscoussier. merci encore :D
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Bonjour Giovanna et bonne années 2010.
au fait, auriez-vous cuisiné un couscous pour le réveillon ? ce serait franchement inattendu et original, j"y penserai moi-même la prochaine fois !
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7 janvier 2010 12:16, par Coco
bonjour,
et merci de ces informations car il est dommage de gâcher ce succulent plat par une semoule mal préparé.
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Bonjour,
Oh, faut-il en vouloir à nos contemporains de vivre vite de manger un peu mal ? et donc de cuisiner un couscous comme une bouillie pour bébé ? il faut avouer que bien se nourrir cela suppose absolument de cuisiner ( à moins d’être riche au point d’être servi à table et de posséder un jardinier à domicile... du cinéma quoi ..) je vous avoue que depuis que je tiens ce blog, à chaque fois que la fatigue aidant, je me laisse aller à la facilité des plats préparés ( mais jamais le couscous non !!) oui à chaque accès de faiblesse , je culpabilise, mais peut-être est-ce notre lot à tous ?
des témoignages ? vous avez toujours l’énergie de cuisiner, de bien manger ?
à vos plumes et témoignages ( sincères .. rires)
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26 janvier 2010 00:21, par Veriam
J’aimerais savoir si on peut rouler, par exemple la semoule de mais de la même manière ; de même pour l’orge.( En fait, je suis allergique au gluten contenu dans le blé). J’hésite entre la semoule de mais et l’orge. Que me conseillez vous ?
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Bonjour,
je vous avoue que le maïs est très peu consommé sous les lattitudes maghrébines ( et pour cause vu sa gourmandise en eau ...) en revanche pour l’orge oui. Le pain à l’orge appelé khoubz ash’aïr est le pain le plus goutu et complexe qu’il m’ait jamais été donné de manger. On le maneait en hiver par temps froid avec des olives noires fines et de l’huile d’olive.. ohh souvenirs, mais de là à vous dire comment l’orge se comporterait sous la vapeur en cuisson .... cela dit essayez-le et dites-nous ce que vous en pensez ce serait une superbe découverte, iconoclaste, mais tellement innovante !