Romancière saoudienne
Les filles de Ryad - banât ryâd
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dimanche 16 mars 2008, par DILAP
Rajaa al-San’a est une jeune dentiste de 24 ans au moment de la parution de son livre "banat ryâd" les filles de Ryad en 2005. La presse saoudienne et arabe a produit des flots d’articles sur le roman de la jeune femme, et certains critiques littéraires arabes ont comparé son roman aux "liaisons dangereuses" de Laclos !!
Voir Le blog de la romancière.
La société saoudienne bouge, du moins en littérature. Les deux années écoulées ont connu une véritable explosion de la production romanesque., jugez-en : 26 romans en 2005, 50 en 2006. Pour la moitié, il s’agit de la première oeuvre de jeunes romancières qui ont entre 20 et 25 ans.
Une littérature saoudienne nouvelle génération voit peu à peu le jour, balbutiante, craintive , un peu maladroite ... mais très intéressante sur divers plans : sociologique, culturel, psychologique ...
Le livre de la saoudienne Rajaa al-San’a a fait beaucoup de bruit dans la presse arabe et connu un succès important en librairie. Il a retenu notre attention par plusieurs aspects. D’abord c’est une femme -saoudienne- qui lance en quelque sorte un pavé dans la mare de la société saoudienne hyper fermée comme chacun le sait. Un coin du voile levé -et c’est très surprenant -sur une société qui a su soigneusement (et à quel prix) dissimuler ses dessous, ses femmes , ses désirs d’amour...
L’idée d’abord est fort originale : une jeune femme décide d’utiliser la Toile (Internet) pour faire part publiquement de son propre quotidien et de celui de ses amies, notamment sur le plan amoureux. Le roman se construit au fur et à mesure que la jeune fille transmet ses mails et reçoit des réponses d’internautes qui "s’accrochent " peu à peu aux péripéties qu’elle raconte. L’intérêt est surtout dans le fait que Rajaa al -San’a nous fait découvrir des facettes jusque là inconnues de la société saoudienne et ce qui la travaille en profondeur : la modernité, la globalisation inexorable, la richesse des classes moyennes saoudiennes , les rapports à l’autorité religieuse et au poids des traditions si lourds et archaïques en Arabie saoudite.
L’écriture, fortement influencée visiblement par l’anglais mais aussi par le Français -heureuse surprise ! - se cherche encore, mais on suit malgré les nombreux passages en arabe dialectal saoudien ... ou même en anglais transcrit en arabe, souvent sans crier gare ! Dommage, on aurait voulu en savoir un peu plus sur la nature du pouvoir, les cercles proches de la famille royale etc... Et là motus et bouche cousue. Peur de la censure sans doute.
Nous attendons avec impatience le prochain roman de Rajaa en éspérant qu’elle aura encore plus d’audace !
