Biographies, Chroniques et Récits de voyages

Biographies, Chroniques et Récits de voyages

biographies, chroniques et récits de voyages

En dehors des premières biographies de Mahomet, le premier biographe majeur à approfondir des personnages plutôt que de se limiter à la rédaction d'hymnes de louange fut al-Baladhuri qui, avec son Kitab ansab al-ashraf ou " Livre des généalogies des nobles ", présente une véritable collection de biographies. Un autre dictionnaire biographique important fut commencé par ibn Khallikan puis complété par al-Safadi. Enfin le Kitab al-I'tibar, qui nous relate la vie de Usamah ibn Munqidh et son expérience des batailles des croisades, constitua une des premières autobiographies d'importance.

Ibn Khurradadhbih, apparemment un fonctionnaire du service postal de l'époque, écrivit un des tout premiers guides de voyage. La forme se popularisa par la suite dans la littérature arabe à travers les ouvrages d'ibn Hawqal, d'ibn Fadlan, d'al-Istakhri, d'al-Muqaddasi, d'al-Idrisi ainsi que ceux d'Ibn Battûta dont les voyages restèrent mémorables. Ces ouvrages donnèrent une vision fascinante des nombreuses cultures du vaste monde islamique et offrirent également des perspectives de conversion des peuples non musulmans aux extrémités de l'empire. Ils firent connaître également à quel point les musulmans étaient devenus une puissance commerciale de premier plan.

biographies, chroniques et récits de voyages
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Le plus souvent, ces ouvrages prenaient la forme de comptes rendus foisonnant de détails géographiques et historiques. Ils donnèrent naissance à un genre littéraire à part entière que l'on nomme en arabe : rihla (ce qui traduit signifie "voyage".) Certains écrivains se concentrèrent sur l'histoire en général, comme al-Ya'qubi et al-Tabari, alors que d'autres se focalisèrent sur des périodes et des lieux précis, comme ibn al-Azraq qui relate l'histoire de la Mecque ou ibn Abi Tahir Tayfur qui écrivit celle de Bagdad. Parmi les historiens arabes, c'est ibn Khaldun qui est considéré comme le plus grand penseur. Sa chronique Muqaddima, qui prend pour objet d'étude la société, est un texte fondateur de la sociologie et de l'économie arabe.

La maqâma ou prose littéraire

La maqâma ou prose littéraire

La maqâma ou prose littéraire

Le genre dit maqâma (séance)

Le genre maqâma (une forme intermédiaire de prose rimée), ne dépasse pas seulement l’opposition entre prose et poésie : elle est aussi une voie intermédiaire entre les genres fictionnel et non fictionnel. En dehors des séries de courts récits qui sont des fictions tirées de situations de la vie réelle, d’autres thèmes sont envisagés. Un exemple célèbre est la Maqâma sur le musc, qui se présente comme une comparaison des caractéristiques de différents parfums, mais qui est en fait une satire politique masquée faisant la comparaison entre plusieurs souverains concurrents.

 

La maqâma fait également usage de la doctrine du « badi » qui consiste en l’addition délibérée de tournures littéraires complexes destinées à montrer la dextérité langagière de l’écrivain. Al-hamadhani est considéré comme le fondateur du genre maqâma et ses travaux furent repris par Abu Muhammad al-Qasim al-Hariri, rédacteur d’une maqâma qui constitue une étude des travaux d’Al-Hamadhani lui-même. La maqâma fut un genre incroyablement populaire de la littérature arabe. Elle fut l’une des rares formes que l’on continua à utiliser durant le déclin de la littérature arabe au XVIIe et XVIIIe siècle.

Les Mille et une nuits : œuvre littéraire fictionnelle

Les Mille et une nuits : œuvre littéraire fictionnelle

Images extraites de l'oeuvre de Lydie Le Gal : Les mille et une nuits

les amphores de Salomon
les amphores de Salomon
les amphores de Salomon

les amphores de Salomon

Il y a donc comparativement peu de fiction en prose dans la littérature arabe, bien que de nombreuses œuvres non-fictionnelles contiennent de courtes histoires. Une large proportion de celles-ci ont probablement été inventées de toutes pièces ou embellies.

Les contes des Mille et Une Nuits, qui sont parmi les plus connus de la littérature arabe et qui ont toujours un impact important sur les idées que les non-Arabes ont de la culture arabe, constituent cependant une exception notable à l'absence de fiction. Bien que considérés comme d'origine arabe, ils furent en fait développés à partir d'œuvres persanes, et les histoires elle-même ont peut-être des racines en Inde. Les histoires d'Aladin et la lampe merveilleuse et d'Ali Baba constituent de bons exemples de l'absence de prose fictionnelle populaire en arabe. Habituellement considérées comme des épisodes des Mille et Une Nuits, elles ne font en fait pas partie des contes originaux. Elles y furent incluses pour la première fois dans la traduction française des contes par Antoine Galland, qui les avaient entendus de la bouche d'un conteur traditionnel.

Auparavant elles n'existaient que dans des manuscrits arabes incomplets. L'autre personnage haut en couleur de la littérature arabe fictionnelle, Sinbad, provient bien, lui, des Mille et Une Nuits. Les Mille et Une Nuits sont généralement rangées dans le genre de la littérature arabe épique, au côté de nombreuses autres œuvres. Ce sont habituellement des collections de courtes histoires ou d'épisodes enfilés ensemble dans un long conte unique. Les versions étendues furent consignées par écrit, la plupart du temps assez tardivement, après le XIVe siècle, quoique nombre d'entre elles fussent indubitablement collectées plus tôt et que plusieurs des histoires originelles remontent probablement à l'époque pré-islamique. Dans ces collections on peut trouver de nombreux types d'histoires différentes telles que : des fables animales, des proverbes, des histoires sur le Jihad et la propagation de la foi, des contes humoristiques, des contes moraux, et même des contes traitant de personnages caractéristiques comme l'escroc rusé Ali Zaybaq ou le farceur Juha.

Rareté des œuvres de fiction dans la littérature arabe médiévale

Rareté des œuvres de fiction
dans la littérature arabe médiévale

Rareté des œuvres de fiction
dans la littérature arabe médiévale

L’aspect le plus frappant dans la littérature arabe médiévale est l’absence quasi totale d’œuvres de fiction. Le roman et la nouvelle ne sont rentrés comme genres littéraires dans les habitudes que très tardivement, avec la Nahda, empruntés directement à l’Occident.
 
Globalement, Kalila et Dimna , le genre appelé maqâmât (séances), qu’on verra plus loin et les Mille et une Nuits sont les seules œuvres qu’on pourrait désigner de « fiction » au sens moderne du terme. Néanmoins, l’immense littérature médiévale est riche du point de vue des sujets abordés, souvent sans  » censure  » ni tabous.
 
Le Kitab-al-Fihrist , oeuvre d’un libraire Baghdâdî , Ibn al-Nadim est un catalogue de tous les livres disponibles à la vente à Bagdad et il donne une fascinante vision d’ensemble de l’état de la littérature de cette époque. Une des formes de littérature les plus fréquentes durant la période des Abbassides fut -comme on l’a vu- la compilation. Il s’agissait de collections de faits, d’idées, de poèmes et d’histoires instructives traitant d’un seul thème à la fois et recouvrant des sujets aussi divers que la maison et le jardin, les femmes, les resquilleurs, les aveugles, la jalousie, les animaux et l’avarice. Les trois dernières de ces compilations furent écrites par al-Jahiz, un maître incontesté du genre.
 
Ces collections furent très utiles aux nadim (compagnon d’un chef ou d’un noble) dont le rôle était souvent de régaler leur maître avec des histoires et des nouvelles utilisées pour distraire ou pour conseiller. Un autre type d’œuvre fut associé de près aux collections : il s’agit du manuel, dans lequel les écrivains comme ibn Qutaybah donnèrent des instructions sur des sujets comme l’étiquette, la manière de gouverner, d’être un bon bureaucrate et même d’écrire. Ibn Qutaybah écrivit également l’une des toutes premières histoires du peuple arabe en puisant à la fois dans les histoires bibliques et dans les contes populaires, mais aussi et surtout en se référant aux événements historiques.
 
Le thème de la sexualité fut fréquemment exploré dans la littérature arabe. Le ghazal ou poème d’amour a une longue histoire, étant parfois tendre et pur, et à d’autres moments beaucoup plus explicite. Dans la tradition soufie, les poèmes d’amour connaîtront une large portée mystique et religieuse. Des guides sexuels furent également rédigés, comme « Le jardin parfumé », le Tawq al-hamamah (« Collier de la colombe ») de ibn Hazm et le Nuzhat al-albab fi-ma la yujad fi kitab (« Jubilation des cœurs concernant ce qui ne sera jamais trouvé dans un livre ») de Ahmad al-Tifachi. D’autres ouvrages s’opposeront à de telles œuvres, comme le Rawdat al-muhibbin wa-nuzhat al-mushtaqin (« La prairie des amoureux et la distraction des amoureux éperdus ») de ibn Qayyim al-Jawziyyah, qui donne des conseils sur la manière de séparer l’amour et la luxure et ainsi d’éviter le péché.

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Labîd bnu Rabî’a

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Labîd bnu Rabî’a

Littérature arabe à l'époque de la jâhiliyya : Labîd bnu Rabî'a

Labîd bnu Rabî’a : (de 560 à 661 après J.-C)

Labîd appartenait à la tribu des Beni’Amir ben Sa’sa’a ; il est décrit comme un guerrier valeureux et généreux, défenseur des siens. Ses textes mettent en scène de nombreuses batailles. Ses talents de poète lui servent également à la diplomatie : proche des ghassanides, il put cependant éviter que le roi lakhmide en place, d’abord favorable aux Beni Asad, ne prenne parti contre eux. Lui et les siens se convertirent à l’islam vers 629 ; il renonça alors à la poésie. Il se serait éteint à Koufa, âgé de plus de cent ans.

Voici, dans sa mu’allaqa deux petits extraits traduits par Pierre Larcher qui montrent l’importance qu’il accorde à la tribu (v. 81-82) :



Chaque peuple a sa loi et, pour sa loi, un guide !

Ils ne sont pas flétris ni leur geste abolie

Leur patience, avec la passion, ne fléchit pas!

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Antar bnu shaddâd

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Antar bnu shaddâd

Littérature arabe à l'époque de la jâhiliyya : Antar bnu shaddâd

Antar (Antara bnu Shaddâd al-‘Absî  (de 525 à 615 après J-C )

fut un poète arabe pré-islamique du VIe siècle, fils de Chaddâd, seigneur de la tribu des Beni ‘Abs.

Antar est né d’une servante abyssinienne, ce qui lui valu un mépris auquel il ne put échapper que quand son père lui demanda de participer à une contre-attaque sur des tribus qui avaient attaqué les Beni ‘Abs. Il montra beaucoup de bravoure et de générosité, ce qui lui permis, entre autre, de pouvoir séduire Abla, sa cousine, dont le cœur lui avait été longtemps refusé à cause de ses origines.

Une grande partie de sa mu’allaqa décrit son comportement au combat ; Antar devait participer à de nombreuses batailles, notamment à celles de la guerre de Dahis et El Ghabra, née d’un litige entre deux tribus. Antar périt en 615, assassiné.

Il nous reste de son œuvre de courtes stances lyriques, réunies dans le Divan d’Antar, et il est l’auteur reconnu d’une des sept Mu’allakât, , qui se compose de 75 vers du mètre Kâmil.

Ce personnage, notable par son esprit chevaleresque et sa bravoure, se retrouve dans un roman de chevalerie du Xe siècle, Le Roman d’Antar, et dans la symphonie No. 2 de Rimski-Korsakov.

Ses aventures ont fait le sujet du Roman d’Antar, épopée chevaleresque écrite dans un arabe très pur, et qui a joui en Orient, et particulièrement en Syrie, d’une renommée égale à celle des Mille et Une Nuits. Il constitue un monument précieux sur les temps anté-islamiques. Son auteur serait, d’après l’historien Ibn-abi-Oçaibyya, le médecin Aboul-Moyyed-Mohammed-Ibn-el-Modjeli, qui vivait au XIIe siècle. Mais il semblerait que le texte actuel ne soit que la récension et la transcription de nombreuses traditions orales.

Voici quelques descriptions tirées de la traduction de Pierre Larcher (v. 53-58) :



Tel, cuirassé d’une cotte, dont mon sabre a

Lacéré les mailles gardiennes, homme insigne,

Mains agiles au jeu du sort, quand vient l’hiver,

Tombeur d’enseignes de marchand de vin, scandaleux,

Quand il me vit, je descendis à sa rencontre;

Il découvrit ses dents : ce n’était pas sourire.

Je l’ai percé de ma lance puis terrassé

D’un sabre indien, fait d’acier pur, tranchant vite.

Ma rencontre avec lui : tout le jour. On eût dit

Que sa tête et ses doigts étaient teints au pastel.

Héros dont les habits iraient à un grand arbre,

Chaussé des sandales d’une peau, sans jumeau !

(…)

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Imru al- Qays

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Imru al- Qays

Littérature arabe à l'époque de la jâhiliyya : Imru al- Qays

Imru al- Qays (de 500 à 540 environ)
est le poète le plus connu de l’époque de la Jâhiliyya. C’est à la fois un grand poète arabe, que l’on dit avoir inventé la qasîda, et le fils de Houjr el-Kindi, dernier roi du royaume de Kinda.

Il compose des poèmes dès son plus jeune âge, mais le ton de ses textes irrite son père, qui le chasse. Durant cet exil, son père est assassiné par les Beni Asad. Imrou al- Qays parvient à le venger, mais doit se réfugier chez le chef de la tribu des Iyyad. Commence alors une vie d’errance et de mendicité, qui lui vaut le surnom d’El Malik ed-Dillil ( » Le roi toujours errant « ).

Il séjourne aussi à Byzance, auprès de Justinien le Grand, sûrement dans le but d’obtenir un soutien pour restaurer le royaume. Mais, arrivé à Anqara, il meurt d’une espèce de variole ; il aurait été empoisonné par une tunique de laine tissée d’or envoyée par Justinien, soit parce que sa fille était tombée amoureuse du poète, soit parce que l’empereur redoutait une traîtrise après avoir accordé son aide.

 

Le poème inclus dans la Mu’allaqâ, traduit par Jacques Berque, finit ainsi, sur une scène d’orage :

Le mont Thabîr, quand le toucha le
mufle de l’averse
eut un air de seigneur qui se drape
dans son manteau rayé
Pareille demain matin sera la cime du Mujaymar
à la rotation d’un fuseau
et pareils à des bulbes d’oignons sauvages
les lions noyés cette nuit dans les aires
lointaines
seront projetés dans le désert de Ghabît’
Comme un marchand du Yémen décharge sa pacotille.

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Al-Nâbigha al-Dhubyânî

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya :
Al-Nâbigha al-Dhubyânî

Littérature arabe à l'époque de la jâhiliyya :Al-Nâbigha al-Dhubyânî

Al-Nâbigha al-Dhubyânî

(né vers le milieu du VIe siècle.)

Dubyani est issu de la tribu des Banu Dhubyan, il a vécu près de La Mecque. Il a d’abord été poète de tribu, avant d’entrer à la cour du roi Lakhmide Al-Nu’man Abu Qabus, que Dubyani pleurera dans une élégie devenue célèbre. Suite à quelques vers sur la reine jugés insultants, il est obligé de quitter le royaume avant d’y revenir en 600. Il entre alors dans la cour des Ghassanides où il mène une vie fastueuse.

La date de sa mort est incertaine, mais il semble qu’il ignorait ce qu’était l’islam. Ses poésies sont en grande partie des éloges et des satires sur les Ghassanides, les Banu Abs et les Banu Dhubyan.

La fin de son ode, parfois inclue dans les mu’allaqât, traduite par Jacques Berque, montre l’aspect politique de ce poète :

Voilà!
Ma louange si bellement tu l’écoutes
Ce n’aura pas été, oh non, malédiction !
pour me produire à tes faveurs
Ce n’est qu’une plaidoirie, puisse-t-elle me servir
sinon j’aurais fait pacte avec le malheur !

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Hassan-ibn-thâbit

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Hassan-ibn-thâbit

Littérature arabe à l'époque de la jâhiliyya :Hassan-ibn-thâbit

Hassan ibn Thâbit (mort en 660)
حسان ابن ثابت était un poète arabe, compagnon du prophète

Thabit est né à Médine, au sein de la tribu des Banu Khazraj. Il a voyagé dans sa jeunesse en Syrie, à Al-Hira et à Damas. En Syrie, il parvient à se faire admettre dans la cour des Lakhmides et des Ghassanides. Il est ensuite revenu à Médine au temps de l’hégire ou il se convertit à l’islam à l’âge de 60 ans en 622. Mahomet l’avait choisi comme poète, Thabit devait dans cette fonction, défendre l’islam contre les idolâtres.

Il participait souvent à des concours de poésie, et il est parvenu à convertir une tribu entière, les Banu Tamim en sortant vainqueur d’une joute poétique. C’est à lui que sera confié le premier travail pour la récension du Coran. C’est lui aussi qui sera chargé de produire la première version écrite du texte sacré malgré l’état  » primitif  » de l’écriture arabe de l’époque.

Il meurt au début du règne de Muawiya en 660.

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Maymun-al-aacha

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Maymun-al-aacha

Littérature arabe à l'époque de la jâhiliyya : Maymun-al-aacha

Maymûn Al-Aacha (590-629)
ميمون الأعشى est un poète bachique né dans le village de Manfuha.
Ce poète du VIIe siècle est un itinérant, surnommé « La cymbale des arabes ». Quasiment poète professionnel, il est l’auteur d’œuvres qui célèbrent les chefs de son temps, mais le panégyrique du prophète qui lui est attribué ne semble pas authentique.

Il aborde tous les thèmes amoureux, bachiques, guerriers, naturalistes caractéristiques de la poésie de l’époque ; l’une de ses odes est parfois incluse dans la somme des Mu’allaqât. Il meurt en 629 en tombant de sa monture alors qu’il retournait dans la région de Yamâma. Le poème inclus dans les Mu’allaqât, a été traduit par Jacques Berque.

Il commence ainsi :
Adieu, Hrayra
La caravane s’ébranle
Mais es-tu bien, toi, l’homme, capable d’un adieu
Une blancheur au front, les cheveux touffus, les dents pures
précautionneusement elle marche
comme endolorie dans la glaise
son allure quand elle revient de la tente de la voisine
est celle du nuage qui passe ni lent ni pressé
tu entends ses bijoux chuchoter à chaque fois qu’elle se tourne …