Le RAP en arabe dialectical

Apprendre l’Arabe dialectal en chanson : le RAP

LE RAP EN ARABE DIALECTAL

Quand les langues se délient

Gnawa diffusion

 
La chanson, pour revenir à notre sujet a connu les mêmes contraintes, jusqu’aux évènements d’Octobre 1988 qui allait affaiblir sévèrement la mainmise de l’état sur le langage. Désormais, la parole allait se libérer à son tour et dans sa forme populaire, dialectale, en s’appropriant les espaces jusque là interdits, réservés « propriété de l’état » : le champs social, politique et culturel. Comment allait se passer la confrontation inévitable entre la langue « officielle », l’arabe littéral et celle de la contestation tout azimut, la langue du peuple, cet arabe algérien tant méprisé par le pouvoir et ses canaux naturels, les médias ? Et là, surprise ! On a assisté à l’émergence de deux discours très divergents profondément influencés par l’arabe littéral mais obligeant ce dernier, désormais en roue libre, sans la protection de l’état à se mettre à la disposition de la communication la plus efficace en état d’urgence, à se soumettre aux méandres de l’arabe parlé et à s’adapter aux exigences de communication du moment sans soucis « savants » de conformité syntaxique.

 

Bref, la crise algérienne , profonde, douloureuse a débouché sur des horizons linguistiques nouveaux, réels, qui ne sont pas sortis de quelques laboratoires linguistiques. La nécessité à amené à trouver enfin ce point d’équilibre qui permet de s’exprimer sans artifice dans une langue intermédiaire qui paraît désormais naturelle à tous, du moins les jeunes générations qui s’en ont emparées.
Le premier de ces discours, celui de la mouvance intégriste, n’a toutefois pas réussit totalement à faire la synthèse entre arabe dialectal et littéral. Mouvement visant le pouvoir, il avait tout intérêt à garder à la fusha son caractère de langue d’élite, en plus de la suprématie que confère le savoir religieux…

 
Le second discours concerne toute la frange contestataire, républicaine et démocratique. Outre les domaines sociaux et politiques dans lesquels il s’est engouffré, il a trouvé naturellement le champ culturel comme espace d’épanouissement : le chant, le théâtre, le cinéma… profondément modifiés depuis les années 90-2000.

 

A notre connaissance, le rap, chanson à discours par définition, n’a trouvé terre d’accueil jusqu’à présent qu’en Algérie à la faveur des bouleversements dont il a été question plus haut. La parole ainsi libérée, la dichotomie littéral/dialectal plus ou moins résolue ou du moins laissée à la libre utilisation des usagers hors intervention de l’état a donné lieu à l’émergence des premiers groupes de rap en langue arabe dialectale à travers toute l’Algérie. Ces groupes, fragiles, mouvants, font pourtant des émules dans tout le Maghreb et peut-être bientôt dans l’ensemble du monde arabe …

 

A titre démonstratif, nous vous proposons un texte que nous classons « rap », mais des spécialistes pourront nous rectifier et le classer dans une autre catégorie musicale.
Il s’agit d’une chanson du groupe GNAWA DIFFUSION, chanté par Amazigh Kateb (fils de l’écrivain Kateb Yacine). Dans ce morceau, deux textes coexistent : l’un en français , l’autre en arabe dialectal algérien.
Ce qui a retenu notre attention, c’est bien sûr la qualité d’écriture du texte algérien
Et cette osmose réussie entre le parler du peuple et la langue littérale longtemps apanage d’une élite.

 

Voir le texte : RAP EN ARABE DIALECTAL ALGÉRIEN