Le cinéma iranien avant la révolution

Le cinéma iranien avant la révolution

Le cinéma iranien avant la révolution
 
Le cinéma iranien projette l’image du monde iranien, comme le poète et philosophe Omar Khayyam répandait l’image de la culture perse sur le monde des Xe et Xle siècles. Le monde occidental peut être étonné s’il considère un seul reflet de cette complexe reproduction historique.
 
L’lran découvre le cinéma en 1900, lors de l’exposition universelle de Paris. Peu après, le premier cameraman iranien étudie la prise de vues à Paris avec l’appui de Mozarfardine Ghajar. L’lran se situe ainsi parmi les nations pionnières du cinéma. II y a une vingtaine d’années quelques bobines de films datant de ces débuts, ont été retrouvées, rénovées puis envoyées en France pour obtenir la meilleure qualité possible.
 
Pendant un siècle la production cinématographique iranienne n’a cessé de progresser. Cependant, malgré quelques succès ponctuels à l’époque du cinéma muet, les salles projettent essentiellement des films étrangers : Allemagne nazie, Inde, Etats Unis, Hong-Kong, Italie, Egypte, Grande-Bretagne, France et Union Soviétique exportent alors beaucoup. Les cinéastes Chaman, Moradi et Sepanta ne peuvent résister. Pendant cette période, et profitant de ces expériences, la première école de cinéma en Iran est créée.
 
A partir des années 50 les films iraniens traitent des thèmes de la vie quotidienne. Parmi ceux-ci, on peut citer La Vache de Mehrjui, L’Averse de Beyzaï, Débarras de Nasser Taghvaï, Rapport de Kiarostami, ou Hassan le chauve d’Ali Hatami, et d’autres films inspirés des oeuvres de Kamran Shirdelle, Mahamad Faroughi-Ghajar, Fourough Farok Hzad, Ebrahim Golestan, Parvize Kimiavi, Nasser Taghvaï..
 
A partir de 1979, l’importation de films indiens et américains, est complètement arrêtée. Quant aux autres pays, Italie et Hong-Kong, leur cinéma beaucoup moins présent sur les écrans. Désormais, la simplicité de moyens, la morale, un nouveau regard régentent le cinéma iranien : le cinéma sociologique de Mehrjui, Taghvaï, Amir Nadérie, Kimiai et Beyzaï continue, reflète la nouvelle société iranienne, la veine religieuse des premières œuvres de Mohsen Makhmalbaf atteint un niveau poétique et Tchérike tara de Beyzaï se prête à toutes les possibilités d’interprétation.
 
A l’issue de la guerre contre l’Irak, Ebrahim Hatamikia et Rasoul Molagholipour se sont endurcis. Mère d’Ali Hatami constitue un testament artistique qui délivre un message d’amour à la patrie. Les films pour l’enfance et la jeunesse évoluent et portent un nouveau regard sur la vie, un regard réaliste en recherche aussi de beauté : Lumineux de Bani Etemad, Jument d’Ali Jekan, et les films mystiques de Majid Majidi et Abolfasal Jailli. Dans le film Je suis Taraneh, j’ai quinze ans, les conditions de vie de la nouvelle génération sont remarquablement décrites. Dans ce domaine, la majorité des films décrit la vie quotidienne. Le cinéma de Sohrab Shahid Saless fait dialoguer la réalité et l’imagination. On retrouve ce caractère dans les films d’Abbas Kiarostami et des jeunes cinéastes iraniens. Ce travail mêle les initiatives artistiques à une vision philosophique. Des films comme Les Passagers, Bashu, Le petit étranger, Jument, Le Cercle, Baron, Nouvelle mariée de feu, Danse de la poussière, Naissance d’un papillon sont autant de facettes de l’Iran.
 

Mohammad Hassan Khoshnevis – Directeur des Archives du Cinéma Iranien