Les femmes et la Chanson arabe

Les femmes et la Chanson arabe

الموسيقى والأغاني العربية

A l’heure des scandales liés au harcèlement sexuel à Hollywood et maintenant au Canada, nous nous posons cette simple question : est ce que cela date d’hier ?

Le « droit de cuissage » date du moyen âge. Les « promotions canapé » ont toujours accompagné le capitalisme à l’ancienne mais aussi post-moderne. Tout le monde le sait
Alors, pourquoi tout ce vacarme en ce moment ?

C’est le cas à tous les échelons de la société jusqu’à la plus petite structure où n’importe quel individu nanti d’un minimum de pouvoir peut user et abuser de n’importe quelle petite employée en détresse et dans le besoin.

Il se trouve que la République dans son incommensurable mansuétude essaie de promouvoir l’emploi des jeunes , notamment des jeunes filles souvent très fragiles, peu préparées à la vie, à des emplois sous l’autorité de gens eux-mêmes à problèmes et potentiellement prédateurs.

Sur Dilap, nous avons toujours défendu la cause des femmes , d’ailleurs, en terme de parité, Dilap est largement au féminin.

Mais ce qui nous intéresse surtout , puisque le thème porte sur la chanson arabe, c’est le rôle et la place que les femmes y occupent réellement aujourd’hui.

En 2017 ,en France (!) certain(es) de nos élèves nous disent encore : chanter , c’est « haram » (illicite)
Affirmation totalement fausse qui remonte aux siècles de décadence de la civilisation musulmane. Sans commentaires..

 

femmes et la Chanson arabe femmes et la Chanson arabe

Le châabi, art musical masculin investi par les femmes

Ce que l’on appelle le « châabi » en Algérie est en fait l’aboutissement d’une grande musique appelée « classique » au bled et qui nous vient de la lointaine et nostalgique Andalousie musulmane .
Le principal maître de cet art (on va dire vulgarisation de la musique arabo-andalouse) est le grand Maître El-Anka qui a fait bien des émules.
Jusque là, le « châabi » était resté un art très masculin.
L’intérêt de ces dernières années est que des femmes algériennes s’en soit emparées! Et avec tellement de talent !

A l’échelle de la France (où ce genre musical est peu connu) ces femmes ont montré que :

-même issues du tiers-monde elles étaient capables de dépasser les clivages médiévaux
– de rendre hommage à un grand artiste al-Anka
– de décliner ses chansons de façon moderne, féminine et très convaincante

La surprise est que l’émergence de ces chanteuses de châabi non seulement n’a pas choqué les amateurs du genre,mais bien au contraire suscité le plus grand intérêt du public avec à la clé un succès inattendu même par les promoteurs de cette nouvelle vague.

Nous vous conseillons entre autres :

– Malya Saadi et sa remarquable interprétation de la chanson-phare de al-Anka subhân Allâh yâ L’tïf

-Groupe « chaabi au féminin » qui reprend aussi à sa manière subhân Allâh…
– Samira Brahmia
– Amel Zen
– Amina Zoheir
– Souad Massi (qui ne fait pas que dans le chaabi)
– Syrine Ben Moussa

… et tant d’autres à découvrir !
Alors, le chaabi « ringard » ?