Le soufisme dans la culture arabe

Le soufisme dans la culture arabe

soufisme

 
Ce livre réunit des récits et des propos illustrés publiés il y a quelques années par la revue pédagogique « Textarab » sous forme d’épisodes.

Épuisé, nous avons l’intention de la rééditer prochainement dans un nouveau format plus adapté.

Ce livre contient:
– des récits en bande dessinée
– des introductions chapitre par chapitre en Arabe et en Français
– un lexique Arabe/Français pour chaque BD.
 
Découvrez quelques extraits de ce livre et des illustrations.
 
Ces récits sont extraits du patrimoine arabo-islamique et aménagés sous une forme simplifiée afin de permettre à un lecteur débutant d’avoir accès à ce trésor et d’acquérir quelques repères dans la civilisation dont il étudie la langue.

Le soufisme :

soufi l’origine du mot est inconnue. Il existe plusieurs hypothèses à ce sujet, mais aucune n’a force de certitude. L’usage du mot ne s’est répandu qu’au deuxième siècle de l’Hégire (neuvième de l’ère chrétienne). Son sens a évolué au cours du temps. Il a d’abord désigné l’ascèse et la dévotion, avant de désigner le savoir « de l’intérieur » (isotérique). En effet, les chercheurs considèrent que la religion consiste en « extérieur » (exotérique) et « intérieur » (isotérique). L’exotérique est le respect des commandements de la chari’a, comprenant les actions et les rites cultuels, tandis que l’isotérique est une expérience spirituelle libre et sincère que recherche l’adepte.
Les soufis se rassemblent sous la guidance d’un chaykh qui a reçu la connaissance isotérique de ceux qui l’ont précédé. Ils forment une tariqa (confrérie) ayant son rituel propre qui – en principe – n’est pas en contradiction avec la chari’a, même si certains se sont rendus célèbres pour des errements que les chaykhs et les savants de l’exotérique ont condamnés. Le soufi peut parvenir à une sorte de sainteté (la walaya) et recevoir alors des karamat (pouvoirs surnaturels) qui le font connaître.
 
Les confréries soufies ont joué un rôle important dans l’islamisation en Asie et en Afrique, car elles ont enseigné le message Muhammadien en suivant cette méthode que nous avons évoquée et qui crée le désir au lieu d’inspirer la crainte(2) , de même qu’elle s’adresse à chaque être humain en fonction du niveau de conscience qui est le sien. Ces expériences et ces pouvoirs ont inspiré de nombreux récits dont le but principal est d’éduquer l’auditeur ou le lecteur par un enseignement indirect qui fait évoluer sa compréhension des réalités supérieures.
 
A notre tour, nous nous sommes inspirés de ces récits pour vous proposer ce recueil d’histoires et propos illustrés, en espérant ainsi contribuer à rendre le patrimoine littéraire soufi accessible à des lecteurs mêmes débutants en arabe. Le but recherché est de vous amener par le biais de la culture à apprendre l’Arabe autrement..

Des Amants :

La civilisation arabe a comme les autres accordé un immense intérêt à l’amour. Nombreuses sont les poésies et les histoires qui en témoignent. Dans cette partie, nous présentons quelques unes des plus célèbres histoires d’amour telles que nous les a transmises le « kitâbu-l-« aghânî » (Livre des chansons) d’Al-Asfahânî.

Des yeux:

yeux Sur l’aptitude expressive des yeux, une aptitude qui caractérise les orientaux. Les femmes orientales n’ont pas besoin de la nudité pour captiver les hommes, de même que les hommes orientaux savent mieux que d’autres lire ces mystérieux messages.
 
Quelles merveilles que les yeux ! Vois et tires-en un enseignement !
Sous le voile, ils parlent en plein jour. Des yeux qui te disent : « Je te connais, par le prophète , je ne t »oublie pas, du jour où je t »ai vu par la fenêtre, beau gosse ! »
Et des yeux qui te sourient en face, mais te dupent, et si tu regarde sous la voilette, tu trouves le bec…
Et des yeux qui te disent : » Je suis amoureuse, allons à la maison ! »
Et des yeux qui te disent : »Tant pis pour toi si tu ne viens pas, moi je vais au zâr *
Et des yeux dont tu ne sais pas s’ils sont fâchés ou contents, jour et nuits perdus dans leurs pensées.

 

* Zâr : cérémonie d’exorcisme

Poésie en dialecte égyptien de Bayram at-Tunsi