Presse du Moyen-Orient : degrés de liberté

Presse du Moyen-Orient : degrés de liberté

En Syrie, il n’existe dans les faits aucune presse privée indépendante. Le parti Baath syrien continue de contrôler la totalité des contenus de la presse gouvernementale et toute « déviation » même sans conséquence pour le régime est sévèrement punie. En Arabie Saoudite, la radio et la télévision demeurent monopoles de l’Etat, tandis que la presse est largement contrôlée par la famille royale. Plus subtile, le système saoudien de contrôle de l’information opère par « délégation » c’est à dire en procédant à la création et le financement de journaux pseudo-indépendants internationaux comme on l’a vu pour Al-Hayât et Al-Sharq Al-Awsat.

 

Mieux encore, la naissance et le comportement inhabituel de la chaîne Al-Jazîra a donné de tels cauchemars à la famille régnante qu’elle a favorisé la naissance d’une nouvelle chaîne satellitaire Al-Arabiya, afin de contrer le succès de son ainée Qatarie. Royaume de la censure, la puissante Arabie Saoudite se doit d’exercer plus d’efforts pour réprimer la liberté de la presse. Quitte à laisser quelques médias internes ou « externes » exprimer le trop-plein en faveur de quelques réformes permettant au régime de respirer quelque peu. En Jordanie, au Yémen ou ans les territoires occupés sous le contrôle de l’autorité palestinienne, les médias privés ne sont jamais à l’abri des menaces et de de la censure.

 

Les journalistes y sont passibles de peines de prison pour diffamation, offense aux autorités ou à l’Islam. En Irak, les groupes armés de résistance à l’occupation américaine ou terroristes se chargent du contrôle de la presse libérale. Dans les monarchie du Golfe ( Koweït, Emirats Arabes Unis, Oman, Bahrein, Qatar), l’autocensure imposée aux journalistes reste très élevée, malgré les signes d’ouverture signalés plus haut. Au Liban, longtemps seul havre de paix pour la presse arabe, le mépris du droit est de plus en plus flagrant.

 

En Egypte, la loi d’état d’urgence est en vigueur depuis 1981. Elle permet un contrôle total sur les médias. Ce contrôle a été renforcé depuis la guerre en Irak. La Jordanie, sous prétexte de lutte contre le terrorisme a renforcé son arsenal de lois sur l’information limitant singulièrement la liberté d’expression de la presse. Enfin, au Soudan, malgré un vent de réformes qui a soufflé en 2003, soustrayant la presse du contrôle des services de sécurité, l’information en générale reste sous le contrôle étroit du pouvoir , malgré la création d’un Conseil National de la Presse.