Presse libanaise : Journal Al-Hayat

Presse libanaise : Journal Al-Hayat

LE JOURNAL AL-HAYAT

C’est un quotidien d’origine libanaise, créé en 1946 par un journaliste libanais, Kamel Mroué. Journal conservateur, proche de la monarchie saoudienne, favorable dès ses origines à l’alliance avec l’occident. Ce journal, dès ses débuts s’est opposé à la politique nassérienne et même à la naissance de l’éphémère République Arabe Unie (Union de l’Egypte et de la Syrie) en 1958.

 

Son fondateur, assassiné en 1966, le journal est fermé en 1976, après le déclenchement de la guerre civile au Liban.

Il est relancé en octobre 1988, grâce au soutien financier du prince saoudien Khaled Ben Sultan, fils du ministre de la défense, qui en devient par la suite propriétaire.

 

Ce quotidien, d’une grande qualité sur le plan de la forme et du contenu (langue arabe parfaite, en phase avec la modernité) a joué un rôle décisif durant la première guerre du Golfe (1990-1991) , notamment pour  » diaboliser  » Saddam Hussein et légitimer l’intervention américaine. Il ouvrira d’ailleurs ses pages à l’opposition irakienne, notamment Kurde et chiite.

 
Il faut signaler que c’est le prototype du journal à capitaux saoudiens avec une direction libanaise chrétienne, même s’il emploie des journalistes d’autres pays notamment des maghrébins réputés ou classés d’emblée comme « musulmans sunnites » alors que l’on sait que la plupart d’entre eux sont plutôt laïques, voire athées.

 

Le quotidien arrive néanmoins à se maintenir comme publication pluraliste dans laquelle cohabitent des journalistes d’origines diverse partagés globalement entre deux camps : les panarabistes et les occidentalistes. Cependant, la tendance dominante, « libanisante » et chrétienne l’emporte visiblement dans les choix éditoriaux.

 

Pour ce quotidien d’audience internationale, les américains ont confié au « courant occidentaliste » la direction de leur stratégie médiatique en direction du monde arabe et notamment de l’Irak, avec l’accord bien sûr des principaux bailleurs de fonds, les saoudiens. Quand les américains avaient lancé à partir de Prague Radio Free Baghdad, ils avaient confié sa direction à un journaliste de al- Hayât, irakien et militant kurde !

Peu avant son départ des affaires, l’administrateur américain Paul Bremer a nommé à la tête de la radio et de la télévision irakiennes des journalistes d’al-Hayât !

 

L’éminente place qu’occupe al- Hayât désormais dans le paysage médiatique arabe suscite des jalousies, mais aussi des critiques avisées. Notamment celle-ci : un journal panarabe dont la ligne éditoriale est dominée par des journalistes libanais connus pour leur nationalisme propre et un anti-arabisme quasi radical, au détriment de toute idée ou sentiment de solidarité arabe et encore moins islamique. Et relais bien entendu relativement habile des thèses américaines et de leurs agissements au Moyen-Orient.