Presse saoudienne : Journal Al-Charq-Al-Awsat

Presse saoudienne : Journal Al-Charq-Al-Awsat

 

JOURNAL A CHARQ AL AWSAT
 
Ce quotidien , se présentant donc comme panarabe est la propriété du prince saoudien Salman Ben Abdelaziz, gouverneur de Riyad .
 
L’Arabie saoudite tire en fait un double avantage de la pression américaine et de la nécessité de la radicalisation de son propre discours. Au niveau interne, cela permet de contrer la contestation islamiste engendrée d’ailleurs par les choix du régime et à renforcer les rangs clairsemés du courant néo-libéral et pro-américain proche du pouvoir. Au niveau externe, il s’agit de s’attirer la bienveillance américaine en présentant les princes saoudiens comme favorables à l’occident en général et surtout à la politique de Washington au Proche-Orient.

 

La ligne éditoriale de ce journal reflète assez fidèlement les orientations de la diplomatie de Ryad : ainsi durant la seconde guerre du Golfe, en 2003 , le militantisme d’Al-Charq Al-Awsat en faveur de la démarche américaine tranchait avec la position réservée du gouvernement saoudien. On comprend mieux les orientations de la politique saoudienne en analysant les articles d’Al-Charq Al-Awsat qu’en lisant les déclarations officielles des autorités saoudiennes!

 

Conclusion :

 

Cette presse pan-arabe saoudienne bénéficie de la protection de la diplomatie du royaume , de sa générosité financière et de ses moyens de diffusion. Elle fait écran à l’expression des opinions publiques arabes majoritaires . Dans les moments de crise, la vision minoritaire de ses éditorialistes est présentée au reste du monde comme le point de vue arabe majoritaire. C’est donc en décalage total avec la réalité que ces journaux construisent et véhiculent à grande échelle l’image d’un monde arabe favorable aux choix politiques (et militaires) américains tels que l’invasion de l’Irak ou l’écrasement du Hezbollah libanais par l’armée israélienne en 2006.
 

L’affaire est si bien menée, qu’à leur tour, les milieux politico-médiatiques américains, confortés dans leurs choix relaient -sans recul aucun- une vision de l’opinion publique arabe en grande partie falsifiée.