Consonnes et voyelles : arabe standard

Consonnes et voyelles : arabe standard

Gémination et consonnes emphatiques

 

Toutes les consonnes peuvent être redoublées. Pour redoubler (géminer) une consonne, on prolonge et on renforce l’articulation de cette consonne. La gémination est indiquée par un signe graphique spécifique appelé shadda . La gémination joue un rôle très important en morphologie. Il est donc essentiel de bien l’entendre et de bien la réaliser.

 

Il a étudié darasa درس
Il a enseigné darrasa درّس

 

A propos des emphatiques ص ض ط ظ

Il s’agit d’un trait articulatoire spécifique, la « pharyngalisation » : le son produit est plus grave que pour le son non emphatique correspondant. On l’obtient en modifiant la forme du résonateur buccal dans sa partie arrière par rétraction et exhaussement de la racine de la langue.

Il est très important de bien distinguer le son emphatique du non emphatique correspondant :

 

été sayf صيف épée sayf سيف

 

L’orthographe « phonologique »  de l’arabe constitue en l’occurrence une aide.

Souvent la présence d’une consonne emphatique dans un mot «  contamine » l’environnement consonantique et vocalique, et c’est toute la syllabe qui est emphatisée.

Dans certains mots, le ل et le ر sont emphatisés ( en arabe dialectal, mais aussi en arabe standard). Il faut mémoriser ces mots car ces réalisations emphatiques ne sont pas marquées à l’écrit.

Réalisation phonétique des voyelles :
arabe standard

Le système vocalique de l’arabe standard comporte : trois voyelles brèves : a , u ( correspondant au français) , i et trois voyelles longues correspondantes : A, U, I.
Leur réalisation phonétique est très variable et dépend à la fois de :
– l’origine géographique des locuteurs
– l’environnement consonantique et de la place de la voyelle dans le mot
– de la place de l’accent de mot ( tendance à abréger les longues non accentuées chez beaucoup d’arabophones).

a et A : Elles peuvent ainsi être réalisées entre le a de mare et la d de pâte à proximité d’une emphatique ou d’une gutturale par exemple. Dans d’autres contextes consonantiques , elles sont réalisées plus fermées , proches du è français. En syllabe fermée, au Maghreb, le a est parfois prononcé comme le e français de de.

i et I : Dans certains contextes consonantiques (gutturales, emphatiques) , ces voyelles sont réalisées proches du é français. Ailleurs on entend le i de livre.

u et U : Le u bref tend vers le o de chose à proximité d’une gutturale ou d’une emphatique par exemple. Ailleurs on entend le ou de nous.

Réalisation phonétique des voyelles : arabe dialectal

On a généralement cinq ou six phonèmes au lieu de trois, avec brèves et longues correspondantes.

Par exemple le système suivant :

 

Brèves a e i o u
Longues A E I O U

 

D’une façon générale, les dialectes orientaux ont un vocalisme plus riche que les dialectes maghrébins, qui se caractérisent notamment par la grande occurrence de la voyelle neutre ultra-brève £ (le e muet du français).

Les diphtongues :

Il n’existe que deux diphtongues en arabe standard : ay et aw.

Dans la plupart des dialectes, elles sont généralement réalisées comme une voyelle longue.

Exemples :

زيت زوج
Arabe standard zayt zawj
Dialectes maghrébins zît zÛj
Dialectes orientaux zEt zOj

 

La durée des voyelles :

En principe, une voyelle longue est deux fois plus longue qu’une voyelle brève, mais cette durée est en fait variable, notamment en fonction de :

 

– la position de la syllabe dans le mot (en finale, la longue est abrégée).

– l’accent (une longue non accentuée est abrégée).

 

Dans les parlers du Maroc et de l’ouest algérien, la distinction brèves longues est très atténuée. Certaines voyelles brèves sont réalisées comme des longues et vice-versa. Cette caractéristique influe parfois sur la prononciation de l’arabe standard (accent régional).