Grammaire implicite et explicite

Grammaire implicite et explicite

Mais en dépit de l’effet de mode et de l’engouement suscité par la nouveauté, ces méthodes montrèrent très rapidement leurs limites .

 

D’abord, concrètement, leurs promoteurs, en dépit de leurs convictions en matière de communication et leur désir de rupture avec les procédés traditionnels, n’ont pas réussi à se libérer totalement de la sacro-sainte grammaire au centre de toutes les préoccupations. Bien qu’équipés de corpus langagiers modernes et actualisés, ils ont continué à bâtir des grammaires, certes plus fonctionnelles, plus adaptées aux besoins de la communication orale. Et c’est seulement à partir de ces grammaires (avec des progressions très rigoureuses), qu’ils imaginaient les saynètes et dialogues proposés au public. Au final, ces échanges sensés être plus naturels, se trouvaient entravés par les nécessités de la progression grammaticale (et lexicale) ; les auteurs, bridés en venaient à imaginer des situations de communication convenues, lassantes à la longue, quand ils n’étaient pas obligés de faire dire à leurs personnages des propos visiblement inspirés par des considérations de structures grammaticales !
 

Plus grave encore : le choix de ce que l’on appelait « la grammaire implicite».
Les tenants du SGAV étaient convaincus de l’inutilité de l’enseignement de la grammaire explicite. L’apprenant était sensé assimiler la grammaire uniquement par le matraquage de la bande-son, la récurrence des structures fondamentales et leur réutilisation en situation « réelle ». Cette démarche n’a jamais donné les résultats escomptés, bien au contraire, elle a produit des générations de locuteurs un peu « robotisés », perdus dès qu’ils se retrouvaient dans des situations inédites, manquant totalement d’autonomie.