l’Arabe comme langue morte – classique

l’Arabe comme langue morte – classique

La question relève de l’idéologique et du politique : la langue arabe est celle dans laquelle a été révélé le Coran, logo divin universel, vérité essentielle, immuable et éternelle. Reconnaître que cette langue a évolué, c’est reconnaître implicitement qu’elle s’est éloignée du message divin, laïcisée en quelque sorte. De nos jours encore, ce sujet reste tabou : la langue liturgique est une et indivisible, valable en tous lieux et en tous temps. Prétendre le contraire, relève quasiment de l’hérésie ! Du moins au niveau du discours officiel… Dans la réalité, tout le monde sait que la langue a évolué, tous les spécialistes et les professionnels concernés contribuent à cette évolution : néologismes en abondances, mais aussi structures allégées, puisées abondamment dans les dialectes mais aussi dans les grandes langues dominantes (Anglais, Français…), notamment dans la presse et la littérature moderne.

 

Le résultat de cette incapacité à trancher la question et à permettre donc des recherches sérieuses dans le domaine, est que tous les systèmes scolaires et universitaires des pays arabes baignent dans une ambiguïté telle que l’on continue à enseigner l’arabe un peu comme une  « langue morte », ancienne ! L’aspect communication est dévolu aux dialectes, voire à une hypothétique « langue intermédiaire », les aspects purement cognitifs, destinés aux savoirs fondamentaux, réservé à l’arabe « classique », encore enseigné dans les plus pures traditions anciennes et confiné essentiellement aux domaines de l’écrit ! La littérature arabe médiévale et l’enseignement de la grammaire « à l’ancienne » occupent encore une place de choix dans les manuels scolaires.

 

Des élèves « primo-arrivants » rejoignent chaque année le système scolaire français en provenance de pays arabes. Ils possèdent des compétences incontestables en Arabe, mais de façon passive : brillants à l’écrit, ils sont souvent incapables de tenir un discours soutenu oralement au delà de quelques minutes ! Il en va d’ailleurs de même pour les enseignants du primaire et du secondaire que nous avons eu le loisir de rencontrer lors de sessions de formation franco-arabes organisées en France.