Professeur d’Arabe : attentes informelles

Professeur d’Arabe : attentes informelles

Dans la vie quotidienne, quand un professeur arrive à s’enraciner dans un « bahut » et à susciter l’intérêt de la communauté scolaire, il peut tour à tour devenir « conseiller en religion », sociologue à l’occasion, médiateur si besoin, apprenti psychologue dans certains cas…

 

Il arrive très souvent que l’on soit sollicité en matière de religion. Quoi de plus normal, me dira t-on que de s’adresser au professeur d’arabe quand il s’agit de questions relatives à l’Islam ? Le problème est que cette compétence supposée en Islam n’est pas considérée comme le complément naturel et indispensable dans la formation du professeur, acquise notamment dans le cadre de l’université. Elle est plutôt perçue comme une sorte d’atavisme. En somme, on vous érige d’office en autorité religieuse locale, faqiih, imam malgré vous, quelles que soient vos convictions par ailleurs et vos compétences réelles dans ce domaine.

 

La démarche qui consiste à solliciter le professeur d’arabe pour les questions religieuses est souvent naïve et sincère. Les réponses éventuelles sont souvent acceptées, même quand elles ne vont pas dans le sens souhaité. Mais ce n’est pas toujours le cas : on veut bien fermer un œil sur la laïcité si vous voulez bien mettre votre savoir religieux au service de la paix dans l’établissement.