L’Islam au Maghreb et traditions populaires

L’Islam au Maghreb et traditions populaires

 

L’Islam a connu une formidable expansion. Des nations entières ont adhéré à la nouvelle religion et donc à la Umma islamique. Il est bien évident que l’Islam n’a nulle part trouvé de véritable terrain vierge, de société sans nulle coutume ni traditions …

 
Le Maghreb berbère n’a pas accepté la nouvelle religion sans résistance ni violence. Mais l’Islam a eu son succès, là comme ailleurs. Islamisation, puis, progressivement, arabisation du Maghreb. C’est que la nouvelle religion est si souple, si adaptable que tout terrain lui devient propice.

 

Les liens communautaires au Maghreb étaient déjà fondés -sur d’autres bases- quand celui-ci- s’islamisa. Si le Maghreb finit par adopter la nouvelle religion, c’est qu’elle ne bousculait pas trop l’équilibre communautaire établi. C’est sans doute ce qui explique que l’islamisation se soit faite beaucoup plus rapidement que l’arabisation.

 
C’est pour cette même raison sans doute que le Maghreb a adopté les rites malikites, plus favorables aux coutumes « traditionnelles » c’est-à-dire celles antérieures à l’Islam. Le Maghreb ne fait sans doute pas exception en ce domaine, mais c’est la région qui nous intéresse pour notre étude. (Note DILAP : Cette préférence est dictée par le sujet de la thèse et non par une préférence personnelle de l’auteur) .

 

Qu’il y ait au Maghreb des rites anciens intimement mêlés aux rites religieux musulmans, cela ne fait plus de doute. Par contre, ce qui est fort probable c’est que des coutumes extérieures aussi bien à l’Islam qu’au Maghreb lui-même aient fait leur apparition à un moment donné de l’histoire. Nous pensons notamment à la longue et obscure période ottomane, période de régression dans tous les domaines.

 
La sorcellerie, la magie noire et les superstitions ont toujours été violemment condamnées par l’islam. Or devant le vide crée par la domination ottomane, c’est ce qui s’est le plus développé après le grand silence qui suivit les interrogations d’un ibn Khaldun.

 

Régression irrémédiable d’une civilisation, recul de la science et de la recherche, sclérose de l’exégèse, appauvrissement culturel et matériel, que restait-il, sinon retourner au passé antérieur ? Mais même pareil retour devenait impossible avec les exigences de la foi. C’est là qu’intervient la superstition comme solution originale : la fuite dans l’imaginaire.

 

Puisant dans le vieux fond culturel berbère, s’inspirant de la religion musulmane, le Maghreb a produit des rites tout à fait spécifiques, synthèse originale entre deux formes de cultures différentes mais pas nécessairement opposées. Ces deux apports ont souvent fait bon ménage d’ailleurs. De toutes façons, quand les apports islamiques menaçaient trop les équilibres établis, ils étaient tout simplement écartés, sans nulle peur du sacrilège…