L’Islam comme communauté : la Umma

L’Islam comme communauté : la Umma

L’expression « el islam din wa dawla » est traduite par L. Gardet * : « l’islam est une religion et une Cité ». Le mot cité ne nous semble pas reproduire parfaitement le mot dawla qui signifie plutôt État au sens étymologique. L’histoire même de l’islam nous incite à prendre le mot dawla au sens d’État.
 
En effet, Mohammed n’a-t-il pas lui-même mis en place le premier État musulman ?

 

Durant les premiers temps de la prédication, le prophète avait été rejeté par sa propre tribu qui régnait sur la Mecque. Marginalisé, « honni » par les siens, il ne pouvait compter que sur une poignée de fidèles, dont sa première épouse Khadidja.
 
Les premières « ayât » (versets) coraniques étaient entièrement consacrés à l’affirmation d’un Dieu Unique et à l’exhortation. Des anathèmes vigoureux étaient sans cesse jetés contre les paganistes de la Mecque avec la promesse de châtiments douloureux dans l’au-delà.

 

Mais dès que Mohammed fut accueilli à Médine et qu’il vit le nombre des fidèles s’accroître considérablement, il érigea une véritable Cité-Etat. Il s’attacha à l’organisation de la vie sociale entre les diverses communautés de Médine ( présence de nombreux juifs par exemple), nomma des chefs parmi les nombreuses tribus qui s’affrontaient et se mit à organiser une véritables armée destinée à défendre Médine mais aussi à livrer la guerre sainte pour propager le message divin.

 

Mohammed Hamidullah nous décrit minutieusement les péripéties de ce micro-état en formation, les difficultés rencontrées par le prophète pour établir la solidarité entre les diverses communautés, puis les succès politiques et militaires de l’État naissant, son organisation interne, ses prérogatives, et ses contacts avec d’autres États déjà constitués à l’époque : Yémen, Abyssinie, Égypte, Perse….

 

* Hamidullah, le prophète de l’islam, Paris T.I.