Principes coraniques et pouvoir

Principes coraniques et pouvoir

 

L’Islam est lui-même communauté. Une communauté centrée sur le livre sacré et les traditions mohammediennes. Les prescriptions coraniques sont à la fois spirituelles et temporelles. Le Coran est le référent principal en matière de spiritualité, mais c’est aussi un document juridique et politique, voire un code de vie.

 

Il faut toutefois noter que les principes coraniques ne-légifèrent pas en détail sur les question de pouvoir. La biographie du prophète laisse supposer que le pouvoir temporel ne l’intéressait que comme moyen pour achever sa mission. La Mecque conquise, l’Islam triomphant, il dut retourner à Médine alors que visiblement, le pouvoir allait être transféré à la Mecque. Il mourut d’ailleurs sans désigner d’héritier et tout porte à croire qu’il s’en abstint délibérément. Le résultat est que tous les pouvoirs (notamment celui des Ommeyyades et des Abbassides) se sont imposés par la pression ou la violence.

 

Mais pour qu’une communauté musulmane se reconnaisse comme telle, elle doit organiser les trois pouvoirs (législatif, judiciaire et exécutif) conformément aux principes généreux dictés par le Coran et la tradition du prophète.

Dans la « passion de Hallajj », L. Massignon nous définit ces trois formes de pouvoir*:

 

« le magistère législatif appartient au Coran seul ; le magistère judiciaire appartient à tout croyant qui, par la lecture assidue du Coran, acquiert, avec la mémoire des définitions et l’intelligence des sanctions qu’il édicte, le droit de les appliquer. »

 

Reste le pouvoir exécutif à la fois civil et canonique ; il appartient (…) à Dieu seul et il ne peut être exercé que par un intermédiaire, un chef unique. La communauté des croyants prête serment d’obéir à Dieu, entre les mains de ce délégué, tuteur que Dieu se subroge pour elle, dépourvu d’initiatives législatives et d’autorité judiciaire.

 

 

* L, Massignon, la passion de Hallajj, P-719.