Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Antar bnu shaddâd

Littérature arabe à l’époque de la jâhiliyya : Antar bnu shaddâd

Littérature arabe à l'époque de la jâhiliyya : Antar bnu shaddâd

Antar (Antara bnu Shaddâd al-‘Absî  (de 525 à 615 après J-C )

fut un poète arabe pré-islamique du VIe siècle, fils de Chaddâd, seigneur de la tribu des Beni ‘Abs.

Antar est né d’une servante abyssinienne, ce qui lui valu un mépris auquel il ne put échapper que quand son père lui demanda de participer à une contre-attaque sur des tribus qui avaient attaqué les Beni ‘Abs. Il montra beaucoup de bravoure et de générosité, ce qui lui permis, entre autre, de pouvoir séduire Abla, sa cousine, dont le cœur lui avait été longtemps refusé à cause de ses origines.

Une grande partie de sa mu’allaqa décrit son comportement au combat ; Antar devait participer à de nombreuses batailles, notamment à celles de la guerre de Dahis et El Ghabra, née d’un litige entre deux tribus. Antar périt en 615, assassiné.

Il nous reste de son œuvre de courtes stances lyriques, réunies dans le Divan d’Antar, et il est l’auteur reconnu d’une des sept Mu’allakât, , qui se compose de 75 vers du mètre Kâmil.

Ce personnage, notable par son esprit chevaleresque et sa bravoure, se retrouve dans un roman de chevalerie du Xe siècle, Le Roman d’Antar, et dans la symphonie No. 2 de Rimski-Korsakov.

Ses aventures ont fait le sujet du Roman d’Antar, épopée chevaleresque écrite dans un arabe très pur, et qui a joui en Orient, et particulièrement en Syrie, d’une renommée égale à celle des Mille et Une Nuits. Il constitue un monument précieux sur les temps anté-islamiques. Son auteur serait, d’après l’historien Ibn-abi-Oçaibyya, le médecin Aboul-Moyyed-Mohammed-Ibn-el-Modjeli, qui vivait au XIIe siècle. Mais il semblerait que le texte actuel ne soit que la récension et la transcription de nombreuses traditions orales.

Voici quelques descriptions tirées de la traduction de Pierre Larcher (v. 53-58) :



Tel, cuirassé d’une cotte, dont mon sabre a

Lacéré les mailles gardiennes, homme insigne,

Mains agiles au jeu du sort, quand vient l’hiver,

Tombeur d’enseignes de marchand de vin, scandaleux,

Quand il me vit, je descendis à sa rencontre;

Il découvrit ses dents : ce n’était pas sourire.

Je l’ai percé de ma lance puis terrassé

D’un sabre indien, fait d’acier pur, tranchant vite.

Ma rencontre avec lui : tout le jour. On eût dit

Que sa tête et ses doigts étaient teints au pastel.

Héros dont les habits iraient à un grand arbre,

Chaussé des sandales d’une peau, sans jumeau !

(…)

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