Poètes et auteurs abbassides : Ibn Al-Muqaffa’

Poètes et auteurs abbassides :

Ibn Al-Muqaffa’

Ibn Al-Muqaffa’

D’origine persane , il est né vers 720 de notre ère. D’origine iranienne, il embrassa l’Islam tardivement . Il rejoint Bassorah, capitale culturelle de l’époque et devient secrétaire à la cour des califes. En 757, le gouverneur de Bassorah, Sufyân Bnu Mu’âwiya décide de l’exécuter pour des raisons politiques.

Kalila wa Dimna

Il fut l’un des premiers à traduire des oeuvres persannes et Hindoues vers l’arabe et le premier prosateur de la littérature arabe. L’oeuvre qui l’a fait connaître en Occident est certainement Kalila wa Dimna (Kalila et Dimna). Il s’agit de la traduction des fables de Bidpaï. A l’origine, ces histoires d’animaux indiennes auraient été inscrites en sanscrit vers 200, puis traduite en persan et au V ième siècle en syriaque.

Ibn al-Muqaffa’ réalisa une traduction en arabe vers 750. Plutôt une adaptation conforme à ses préoccupations. Premier grand prosateur de langue arabe donc, et haut dignitaire du régime , Il consacra l’essentiel des ses écrits à l’éthique politique, sa conception du pouvoir et à l’adab en général, comme on le verra plus loin pour ses autres grandes œuvres.
Sous la forme voilée de la fable, deux chacals rapportent , au long de 18 chapitres des anecdotes (à raison d’une histoires par chapitre), relatent des intrigues de cours , donnent des conseils, édictent des règles de conduites visiblement adressées aux humains.

Ce recueil, destiné à l’origine à l’éducation des princes eut une audience beaucoup plus large et intéressa tous les publics lettrés de l’empire. Kalila et Dimna inspira La Fontaine.

La version d’Ibn al-Muqaffa’ fut abondamment traduite, en persan, en turc, mongol, latin et inspira de nombreux écrivains. Des exemplaires, enluminés ou non, rapportés par des savants ou des ambassadeurs, enrichirent les grandes bibliothèques européennes. En 1644, une version française, réalisée à partir d’une nouvelle traduction persane du texte d’Ibn al-Muqaffa’, fut publiée par Gilbert Gaulmin. La Fontaine emprunta aux histoires de Kalîla et Dimna les éléments ou la trame de quelques-unes de ses Fables : Le Chat, la Belette et le Petit Lapin, Le Chat et le Rat, Les Deux Pigeons, La Laitière et le Pot au lait…

L’ adab

Il s’agit de la première tentative formelle de définir l’Adab. Dans ses ouvrages, Ibn al-Muqaffa’ analyse les échanges humains et s’intéresse tout particulièrement au langage, et à l’importance du silence dans l’acte de communication. Parmi ses principaux sujets de prédilection, le pouvoir et l’amitié. La réflexion d’Ibn al-Muqaffa’ s’articule autour de deux concepts clés, à savoir la raison et l’Adab. Pour lui, la raison est une faculté innée de l’homme, mais qui nécessite l’adab pour se révéler.

Son oeuvre al-Adab al-Kabîr (Le Grand Adab) s’inscrit dans le genre qui remportera un grand succès dans la littérature occidentale du Moyen-Age, à savoir celui du Miroir des Princes. Ce genre est un de ceux parmi lesquels Ibn al-Muqaffa’ se distinguera le plus. Il est l’inventeur du principe : l’auteur écrit à un destinataire réel ou fictif pour lui faire part de ses conseils dans divers domaines. (Le genre est appelé risâla : épître).

Dans ses autres ouvrages ; Ibn al-Muqaffa’ traite explicitement de la politique, l’organisation administrative (impôts) et militaire, les institutions religieuses mais surtout du rôle du  » Prince  » (en l’occurrence le calife al-Mansûr) ainsi que celui de son conseiller. Il évoque aussi des problèmes sociaux tels que la corruption. Quoiqu’il en soit, la question du pouvoir reste essentielle à travers tous ses écrits.

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