Processus d’apprentissage de la graphie

Processus d’apprentissage de la graphie

C’est là la question cruciale : si l’on va trop vite, on surcharge les élèves (surtout les plus jeunes) et on est inefficace, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses. Si l’on imprime un rythme trop lent, on suscite la lassitude et les élèves s’ennuient. Il nous semble tout à fait raisonnable de consacrer à l’apprentissage du système graphique, tous publics confondus, un trimestre de travail maximum avec une vigilance particulière pour les collégiens, tout particulièrement en 6e. Il est évident que l’on fera progresser les élèves à l’oral pendant ce temps sans être contraint par leurs acquis à l’écrit. Ainsi, les Douze dialogues (CRDP de Nancy-Metz) occupent, parallèlement à l’apprentissage du système graphique, le premier trimestre de 6e (LV1) et ne devraient pas déborder sur le deuxième trimestre. La fin de l’apprentissage du système graphique ne signifie nullement que l’on en a fini avec l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, qui sera poursuivi sur deux années au moins pour ce qui est des bases. Alors que le code est acquis en quelques semaines, on ne devient un vrai lecteur, un vrai rédacteur, qu’après des années d’apprentissage.

Rendre l’apprentissage de la graphie attrayant

C’est un domaine qui demande un sérieux effort d’innovation et d’inventivité. L’apprentissage de la graphie se prête au jeu et les élèves ne demandent qu’à apprendre en s’amusant. Outre les exercices classiques (grilles de mots croisés, de mots cachés, mots avec des lettres manquantes etc.), voici quelques exercices expérimentés en classe et qui donnent des résultats encourageants :
La lettre déguisée, c’est-à-dire lovée dans un dessin : choisir un dessin simple, dépouillé dans lequel on peut glisser une lettre, de façon presque invisible. Il faut que la lettre épouse parfaitement les contours du dessin. L’élève doit découvrir quelle est la lettre.

Les mots sans points . Pour faire prendre conscience de l’importance des points, proposer des mots connus, avec des lettres apprises après en avoir supprimé les points. L’élève doit les rétablir, en couleur de préférence.
La silhouette : proposer une liste de mots connus, proposer en face des silhouettes dans lesquelles les mots peuvent se loger selon leur configuration propre.
Le miroir : proposer une liste de mots connus, en face et dans le désordre, proposer les mêmes mots écrits en sens inverse ; l’élève doit rattacher chaque mot à son reflet inversé. On trouvera des exemples d’exercices ludiques dans plusieurs des ouvrages indiqués dans Bloc-notes.