Stratégie d’apprentissage de la graphie arabe

Stratégie d’apprentissage de la graphie arabe

Le relevé des spécificités de la graphie arabe, bien que ne prétendant pas à l’exhaustivité, est absolument nécessaire avant d’élaborer une démarche d’apprentissage de la graphie. Les classifications entreprises laissent déjà entrevoir les choix pédagogiques possibles. Signalons qu’il n’y a pas de recette miracle valable en tout temps et en tout lieu, mais des choix à effectuer selon la nature du public, en vue d’une efficacité maximum. Toutefois, quelques principes doivent présider à l’élaboration d’une stratégie d’apprentissage de la graphie.

 

La langue étant considérée essentiellement comme moyen de communication, la question de l’oral et de l’écrit se pose inéluctablement. Il n’est pas du tout souhaitable, de recourir – et ce durant de nombreuses séances – de manière substantielle aux supports écrits. Malgré les apparences (l’anglais s’écrit en caractères latins), il ne s’agit pas là d’une particularité de l’arabe (même si, en arabe, il y a aussi une direction d’écriture différente). La pratique de l’oral s’impose d’emblée comme priorité didactique. On peut parler de «bain linguistique» préalable. Une pratique intensive de l’oral permet de préparer l’oreille à la discrimination auditive et sert de levier à l’apprentissage progressif des lettres. Le bagage langagier proposé à l’oral doit bien entendu servir de base au choix des lettres qui seront apprises en premier.

 

PAR QUOI COMMENCER ?

Enseigner les lettres dans leur ordre alphabétique traditionnel ne correspond strictement à rien sur le plan pédagogique, bien au contraire, cet ordre ne facilite pas du tout la tâche. Apprendre la graphie en contexte signifie que la programmation des lettres à apprendre doit suivre étroitement les activités orales. Les questions qui se posent sont généralement les mêmes et il convient de se référer aux programmes des classes de 6e (LV1), 4e (LV2) et 2e (LV3) pour y trouver les principes d’un enseignement cohérent. Faut-il commencer par les lettres qui correspondent à des sons répertoriés en Français ? Faut-il au contraire choisir en priorité les lettres correspondant à des phonèmes réputés difficiles ? Quand doit-on introduire les voyelles longues ? Les autres signes doivent-ils couronner l’apprentissage et venir à la fin quand toutes les lettres ont été apprises ou bien peut-on les répartir au fur et à mesure de l’apprentissage ? Toutes ces questions sont en réalité de fausses questions. Le principal critère est celui de la fréquence : quels que soient les choix pédagogiques, le graphie arabe   viendra toujours avant le graphie arabe , et legraphie arabe avant le graphie arabe.